
L’appropriation de la différence par le culte de la diversité est semble
t’il au coeur des préoccupations actuelles. Ces dix dernières années,
Organismes internationaux, états et gouvernements s’attèlent,
oeuvrent en faveur du concept de diversité comme panasse d’une
probable stabilité. Conséquent à une actualité quelque peu agitée,
que nourrissent les évènements tel celui du 11 septembre 2001,
l’émergence d’une riche et féconde incompréhension que berce
des envies insatiables de domination et hégémonique aura été le lit
de cette situation qui entre temps aura suscité une immense
production littéraire.Dans cette dynamique, académiciens, chercheurs
et autres passionnés de la question se sont penchés sur le sujet.
Ainsi entre plurilinguisme, multiculturalisme et altruisme la diversité
aussi plurielle qu’elle s’illustre, s’abreuve à la source de la culture
et de la science qui la fonde.
Partant de son origine latine, la paix fait référence à un état de calme
ou de tranquillité, une Période de relâchement entre deux batailles.
Cette approche que vient contraster une vision purement
sociologique portée par une définition plus conciliante s’articulant
autour d’une entente amicale entre individus n’engage pour autant
pas un conflit en apostrophe, mais mettant en évidence une résolution
méthodique, calme et raisonnable de toute difficulté conséquente
à la vie en communauté. Aussi, Jacques Prévert dans son ouvrage
intitulé paroles s’inquiétait en s’interrogeant :
« quelle connerie la guerre ? »
on comprend donc ainsi que la paix est une absence de trouble,
un état de stabilité vécu au sein d’une altérité marquant le concert
des nations. Tout au plus, la paix apparaît comme le catalyseur de
la dilution dans l’universel, l’instrument de la diversité. On peut donc
s’interroger en se demandant comment diversité et paix peuvent
ensemble s’accommoder ? Mieux, comment la diversité contribuerait-elle
à l’émergence de la paix ?
1- la diversité culturelle et ses implications
Le terme diversité se connote éventuellement de celui de pluralité.
Il évoque la différence, l’affirmation du soi et l’autre dans sa singularité.
Il est donc de prime abord, lorsqu’on l’applique à la culture,
la reconnaissance d’une pluriethnicité chantre de la particularité
culturelle chère à chaque peuples. Dit autrement, la diversité
culturelle, peut se concevoir, comme la reconnaissance dans le monde
de plusieurs peuples vivant chacun différemment en fonction de sa
langue, de ses us et coutumes, et de son territoire. On peut sans doute
le justifier à partir du récit génésique de la bible mettant en relief la
destruction de la tour de Babel. C’est en effet ici, la brisure de l’unicité
et le passage de l’humanité à la pluralité, à la diversité,puisque les
hommes ne se comprennent plus et ne parlent plus la même langue.
On ne saurait donc évoquer cette idée sans entrevoir son implication
sur la dispersion de l’humain, sur le rejet de l’autre. C’est donc dire que,
la diversité n’est pas en soi fructueuse, car elle n’a pas marqué dès ses
origines le progrès de l’humanité. Elle a généré la loi du talion
« œil pour œil, dent pour dent » elle est l’archipel de l’état de nature.
La diversité culturelle, comme on doit le comprendre, a donc façonné
à travers des siècles l’écart qui s’est creusé entre les nations en
égrenant le chapelet des rapports de force entre les peuples, générateur
des élans belliqueux, expression de l’hégémonie de chaque peuple.
« L’homme est un loup pour l’homme », cette pensée hobbesienne
est plus que jamais appliquée dans le contexte mondial actuel.
Est-ce à dire désormais que la diversité n’a eu que des aspects négatifs
à l’instar des discriminations raciales, sociales et des tribalités vécues en
Afrique ? Autrement dit, la diversité n’est-elle pas le socle des civilisations
au service de la paix, ayant facilité l’émergence de la mondialisation et
de ses avatars ?
2- la diversité culturelle au service de la paix : vivre ensemble
la différence différemment
C’est fort de sa démarche essentiellement démocratique que la
diversité culturelle Par le biais d’une révolution intéressante et
singulière, se distingue comme un facteur de paix. L’avènement du
concept de mondialisation portant les peuples au carrefour du donné
et du recevoir, témoigne à merveille l’urgence d’une nécessaire prise
en compte de la pluralité dans l’exercice du vivre ensemble, au quel se
conjugue l’acceptation de l’autre dans toutes sa complexité, dans toute
sa différence. C’est pourquoi au-delà de son caractère conceptuel,
la diversité culturelle fait référence non seulement à un idéal de vie
que partage des peuples d’identités plurielles mais aussi une aspiration
commune à une réalité, le dialogue solidaire. Il n’est de ce fait point de
doute que tout ce qui concoure au mieux être des relations humaines,
des différences, tout en laissant émerger des points de vue centrifuge
est porteur d’enrichissement et de paix. Mieux encore une telle approche
de l’autre et sa spécificité est à mon emble avis, le moyen le meilleur
conduisant au respect du différemment être, à la culture de la
compréhension, à la culture de la paix. L’illustration faite par le
Cameroun, l’Afrique en miniature, comme il se fait si bien appelé,
de cette assertion qui traduit combien la diversité culturelle est au
centre de l’équilibre politique et sociétale témoigne à force et à raison
une possible existence paisible dans la pluralité . 265 ethnies environ,
aux croyances diverses, aux rituels, us et coutumes aussi variés que
différents, qu’accompagne une émancipation démocratique non mois
négligeable vivent en harmonie dans une cohésion presque parfaite.
Cette pluriethnicité à laquelle il faut joindre un multiculturalisme
singulier, propre et spécifique au Cameroun est effet le berceau de son
unité et de sa stabilité. Dans cette perspective, conscient qu’
aujourd’hui nul ne saurait vivre de la seule préservation de soi,
les peuples ayant le français en partage, réunis au sein d’une
organisation que le vocable reclusien nomme Francophonie se
font les apotres du vivre ensemble la différence différemment.
Qu’ils soient d’Afrique, d’Asie, d’Europe ou d’Amérique mieux encore,
musulman, chrétien ou même animiste, tous ensemble conjugue
au pluriel une réalité singulière, la perspective d’une résolution
pacifique des problèmes de leur environnement, d’un mieux être au
sein d’un espace de dialogue et de concertation . Au regard de ce
qui précède, il est fort appréciable de constater combien la diversité
culturelle plus qu’un concept est une réalité qui se vie, et dont un
élément catalytique de la paix condition sine qua nun d’un
développement durable. Maurice DRUON ne disait il pas
« si les hommes,si les peuples ne sont pas différents, s’ils ne
produisent ou ne désirent que des biens identiques, que
pourraient-ils bien échanger, sinon des babioles folkloriques ?
BLONDEL SILENOU DEMANOU